Comité sécheresse : des mesures préventives

Depuis le début de l’année, se sont déroulées deux réunions du comité sécheresse, les 31 janvier et 16 février 2017.

Les épisodes de pluies de ces dernières semaines,  sont bénéfiques pour la ressource en eau. Pour autant, elles ne pourront pas intégralement compenser les quelques 6 mois de déficit observés en Morbihan et au delà dans toute la Bretagne.

  • Comité sécheresse

Compte-tenu de cette situation, un comité sécheresse a été convoqué par le Préfet du Morbihan le 31 janvier 2017, afin de décider des éventuelles mesures supplémentaires à prendre, tant en matière de gestion des débits que de prélèvements et d’usages.

Compte-tenu de la dépression qui touche la Bretagne actuellement, le Préfet a décidé de la prise d’un arrêté de mesures de niveau 1, portant principalement sur des modalités de gestion des ouvrages. Des dérogations sont donc prononcées en matière de débits réservés (débits restitués au cours d’eau à l’aval des barrages), afin de reconstituer les stocks, même partiellement.

Lors de la réunion du 16 février, et malgré les pluies intervenues dans l’intervalle, les mesures prévues à l’arrêté préfectoral ont été maintenues, et ce jusqu’au 31 mars 2017. La situation générale a été jugée fragile, car non stabilisée, en particulier dans les îles (Groix, Houat, Hoëdic, Belle-Ile)

Une nouvelle réunion du comité sécheresse est fixée au 15 mars prochain.

  • Etat général des ressources au 01 mars 2017

La situation au 01 mars 2017 est la suivante, du strict point de vue du service d’eau potable sur le périmètre de Eau du Morbihan.

Le déficit de pluviométrie constaté depuis juin 2016 a généré un étiage précoce, dès mi-août 2016, et prolongé, puisque ses effets se font encore sentir aujourd’hui.

Malgré quelques “coups d’eau” qui ont ponctuellement et temporairement “regonflé” les débits des rivières, aucun régime stable de reprise des écoulements n’est engagé, les débits reprenant et diminuant rapidement au gré des précipitations. De même, la remontée générale du niveau des nappes s’est faiblement initiée, les niveau actuellement observés restant inférieurs aux valeurs normales en cette saison.

C’est pourquoi, depuis septembre 2016, Eau du Morbihan gère préventivement les stock d’eau brute en barrage ou ancienne carrière, module la production des unités de potabilisation en fonction de la disponibilité de la ressource et des demandes de consommation, sollicite les eaux souterraines de façon modérée de façon à ne pas amplifier le phénomène d’étiage marqué.

Cette gestion passe bien évidemment par des adaptations permanentes du réseau d’interconnexions et de sécurisation départemental, permettant de répartir et partager les ressources disponibles mobilisables et d’assurer la continuité de service.

Si la situation ne pose aucun problème à court terme, elle interroge, au vu du déficit de pluviométrie observé depuis juillet 2016, sur le printemps et l’été 2017, notamment sur le niveau de mobilisation possible des eaux souterraines. En cas de non remontée des nappes, les prélèvements seront reportés sur les eaux superficielles, accentuant d’autant la pression de prélèvement sur les cours d’eau aux débits potentiellement déjà moyens à faibles. La proportion habituellement observée de prélèvement à 80 % sur les eaux superficielles et 20 % sur les eaux souterraines sera vraisemblablement différente cette année.

L’épisode pluvieux de fin février / début mars permet une augmentation des débits des cours d’eau. Il n’aura par contre que peu d’impact sur les nappes et sur un régime permanent des écoulements, sauf à ce que les pluies soient significatives et s’inscrivent dans la durée.

  • Nord-Ouest

L’unité de production de Barrégant au Faouët est arrêtée pour travaux depuis mi-août 2016, pour 1 an. Cet arrêt est compensé par l’unité de Toultreincq à Gourin, via l‘interconnexion Gourin/Le Faouët mise en service en 2015.

Sur la base d’une dérogation accordée par le Préfet, le prélèvement dans l’Ellé peut être maintenu sous réserve du respect du 1/20 du module, au droit de la prise d’eau de Pont Saint Yves. Le complément est assuré par les volumes stockés dans d’anciennes carrières à Gourin, actuellement remplies à environ 50 %. 20160524_153841

Des lors que le débit dans l’Ellé le permet, les prélèvements sont effectués dans l’Ellé pour fournir de l’eau potable et pour reconstituer progressivement le stock dans les carrières, en prévision de l’étiage 2017. Ce pompage dans l’Ellé pour remplir progressivement les carrières est effectif depuis le 1er février.

  • Blavet

Toutes les stations de production potabilisant de l’eau à partir du Blavet fonctionnent normalement. Le Blavet est soutenu par le débit réglementaire restitué par EDF à l’aval du barrage de Guerlédan. Habituellement du 2,5 m3/s, il est actuellement de 2 m3/s afin de ralentir le déstockage du Lac, voire de remonter le niveau.

Le débit du Blavet à Bon Repos (entrée du Lac) restait encore très inférieur à la normale avant les pluies du début de février. Il a retrouvé son niveau moyen normal, le niveau du Lac est donc rapidement remonté pour atteindre sa cote hivernale normale.

  • Le Loch à Tréauray

20150828_155243Le barrage de Tréauray à Brech/Pluneret constitue le stock d’eau brute alimentant une usine d’une capacité de 1 000 m3/h . Après un niveau très bas en septembre 2016 ayant nécessité de réduire le débit réservé à l’aval et de stopper la production d’eau potable jusqu’en novembre, le réseau d’interconnexions prenant le relai, le niveau du plan d’eau est revenu à la normale (remplissage 100 %), malgré un débit entrant globalement inférieur aux débits habituellement observés depuis novembre 2016. Les pluies de février ont eu un impact significatif, le débit du Loch étant actuellement dans la moyenne habituelle.

  • Trégat – Rhuys

Le stock d’eau brut situé à Theix est actuellement plein à 66 %. La production de l’usine de Trégat a été volontairement limitée pour préserver le stock, le différentiel étant importé à partir de l’usine du Drézet à Férel, gérée par l’Institution d’Aménagement de la Vilaine.

Depuis le 20 février, l’usine est à l’arrêt, le temps d’opérer “la bascule” sur la nouvelle unité de Production actuellement en cours de finalisation sur la commune de Tréffléan, devant être mise en service fin mars. Dans l’intervalle, le périmètre du SIAEP de la presqu’ile de Rhuys est intégralement alimenté par les importations (IAV et Vannes).

  • Lac au Duc – Ploërmel

Afin de reconstituer le stock dans la retenue, le débit restitué à l’aval est resté volontairement réduit à 50 l/s. Cette gestion a permis une remontée du niveau, même s’il est resté bas pour la saison, le trop-plein ayant été atteint seulement fin janvier (écoulement à la Cascade). Le volume utile pour le pompage pour produire de l’eau potable est de 3,4 Mm3, soit 100 % de remplissage.

  • Est et Sud-est

Le barrage de Pen Mur à Muzillac est plein, les forages alimentant la station de La Lande à Beignon produisent normalement, la production de basse saison à l’usine de Bellée à St Congard est assurée par un prélèvement dans le Claie.

  • Les îles

20161215_125533Contrairement à une année normale, aucun écoulement significatif n’avait encore repris sur Belle-Ile en Mer à fin janvier : les pompages dans les vallons permettant d’accélérer la reconstitution du  stock n’avaient pas pu être mis en service. Les écoulements ayant repris suite aux fortes précipitations de début février, les pompages dans les vallons sont mobilisés depuis le 6/02, permettant progressivement de reconstituer les stocks. Le volume stocké reste cependant encore inférieur à la normale, la vigilance reste de mise.

Sur Houat et Hoëdic, les réserves sont alimentées par forages et sont actuellement respectivement à 50 % et 70 % de leur capacité. Le re-stockage hivernal habituel est cette année ralenti par la faible mobilisation des eaux souterraines, les niveaux des nappes étant particulièrement bas. Leur gestion est donc adaptée pour ne pas perturber encore plus leur fonctionnement et éviter toute intrusion d’eau saline. Il convient donc d’être particulièrement vigilant sur l’utilisation de l’eau sur les îles, une tension n’étant pas à exclure.